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Manutention et biomécanique de l’épaule

À l’aide de modèles qu’ils ont conçus pour en tester la sensibilité, des chercheurs ont étudié la biomécanique de l’épaule lors de tâches de manutention exigeant des efforts importants et répétitifs qui sont souvent la cause de troubles musculosquelettiques (TMS). Pour ce faire, ils ont recruté 18 sujets (huit femmes et 10 hommes) âgés en moyenne de 25 ans et dont l’expérience en manutention ne dépassait pas trois mois. Ceux-ci ont réalisé, dans un laboratoire d’ingénierie du mouvement, 54 essais lors desquels ils ont déplacé sur une étagère des caisses métalliques instrumentées de 6, 12 et 18 kg en les soulevant à la hauteur des hanches, des épaules et des yeux.

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Biomécanique de l’épaule

« Le projet visait à faire avancer les connaissances actuelles qui ne nous permettent pas de comprendre tous les mécanismes des TMS, ni de valider les recommandations tant pour le déplacement de charges, les hauteurs à privilégier et les postures à préconiser. Ainsi, nous avons pu collecter simultanément des données sur l’activité électromyographique de plusieurs muscles, sur les efforts déployés ainsi que sur les mouvements des articulations des sujets lors de tâches de manutention », explique l’auteur principal, Landry Desmoulins, du Département de kinésiologie de l’Université de Montréal.

L’étude a entre autres permis de tester les modèles, de déterminer quels étaient les principaux muscles impliqués dans le déplacement des caisses, de décrire les stratégies articulaires utilisées par les sujets, comme celle de rapprocher du tronc la charge à soulever lorsque le poids de celle-ci augmente, et de mieux connaître l’action des muscles de l’épaule et du bras lors des mouvements. À la lumière des résultats, il est également possible de conclure que le modèle cinématique et l’électromyographie sont applicables pour mesurer l’effet des conditions de travail sur le mouvement du corps humain et ainsi de mieux comprendre les TMS.

Dans la pratique de la manutention, les auteurs estiment qu’il est préférable de déplacer une caisse de 6 ou de 12 kg entre la hauteur des hanches et celles des épaules plutôt que de la soulever au-dessus des épaules. De plus, tant que des études n’auront pas validé de meilleures techniques, l’adoption d’une posture avec les coudes fléchis et la charge le plus près possible du torse est à encourager pour prévenir les TMS lors d’activités de manutention.

Les résultats de cette étude financée par l’Institut de recherche Robert-Sauvé en santé et en sécurité du travail (IRSST) peuvent être consultés sans frais à www.irsst.qc.ca/-publication-irsst-cinematique-modelisation-biomecanique-epaule-r-828.html.

Source
Jacques Millette
Responsable des affaires publiques
IRSST